Corbicula fluminea communément nommée Corbicule asiatique, Corbicule ou Palourde asiatique est une palourde d'eau douce et saumâtre.
D'origine asiatique, elle s'est largement répandue dans les cours d'eau français depuis son introduction dans les années 1980, devenant invasive.
Cet organisme filtreur bioaccumule dans sa chair certains pesticides et les PCB. Elle a d'ailleurs été utilisée pour montrer la contamination de cours d'eau à partir de traitements pesticides de rizières en Camargue1.
Description
La coquille est globalement triangulaire et mesure jusqu'à 3 cm.
Elle est ornée d'une quarantaine d'arêtes concentriques (adulte), lustrée pour la face externe et brune foncée à vert-olive.
La surface interne est blanche avec une marque pourpre plus ou moins nette le long de la marge et des traces musculaires.
Le bord dorsal est épais orné de trois dents cardinales et d'une dent latérale nettement développée.
La durée de vie des individus est estimée être de 2 à 4 ans2.
Ce bivalve se nourrit principalement en filtrant le phytoplancton de l'eau.
Il résiste bien à la pollution, mais nécessite une eau riche en oxygène pour bien se développer2.
Reproduction
L'espèce est hermaphrodite dotée d'un testicule situé dans la partie antérieure et d'un ovaire dans la partie postérieure ; sans autoreproduction2. Les spermatozoïdes
sont libérés en pleine eau puis récupérés par un autre individu.
L'autofécondation est possible, dans le gonoducte. Les zygotes
grandissent dans les chambres d'incubation de la cavité branchiale2. Les larves, pédivéligères sont expulsées (40 000 environ au total, au rythme de 400/jour, voire plus) dans le milieu extérieur après 4-5 jours d'incubation2. Elles rampent plus qu'elles ne nagent2. Corbicula fluminea est sexuellement mature à la taille d'environ 6,5-6,7 millimètres.
Population
Elle est désormais présente avec une forte densité dans la plupart
des rivières et fleuves français : Loire, Rhin, Garonne, Moselle, Aisne
(de 100 à 200 individus au m²).
Écologie, habitat
On trouve cette espèce dans les eaux douces et saumâtres sur divers
sédiments : limon, sable, argile, gravier. Ces corbicules tolèrent des
salinités supérieures à 13 psu durant de courtes périodes2. Ils supportent des températures de 2 à 30 °C, souvent dans des eaux turbulentes car elle apprécie les eaux assez oxygénées.
Cette espèce envahissante voire invasive (en Atlantique et Manche occidentale
pose des problèmes écologiques (s'il contribue à épurer la colonne
d'eau en la filtrant, il entre en compétition avec diverses espèces
autochtones en occupant leur niche écologique)2.
Il peut éventuellement aussi poser des problèmes économiques (dysfonctionnement des systèmes de refroidissements d'industries).
L'espèce a encore peu de prédateurs en Europe pour le moment, il semblerait toutefois qu'elle constitue un aliment pour le rat musqué
(autre espèces introduite et invasive) qui peut laisser de grandes
quantités de coquilles vides le long de certaines zones dites
"réfectoire".
Ce mollusque comestible est consommé en Corée et en Chine, mais peut bioaccumuler des polluants dans les cours d'eau ou sédiments pollués..
Toxicologie
Cette espèce comme tous les coquillages peut, dans certaines
conditions, accumuler des toxines d'origine bactérienne ou planctonique
et causer des intoxications alimentaires. Elle peut aussi bioaccumuler
des métaux lourds (mercure en particulier) 3
La moule zébrée (Dreissena polymorpha) est un mollusque bivalve d'eau douce d'origine russe (bassin de la mer Caspienne). D'une taille plus petite que ses cousines marines, elle se nourrit comme elles de plancton et petites particules de matières organiques par filtration de l'eau.
Bivalve de 20 à 30 mm de long Fixée ventralement par un byssus Coquille couverte de zébrures Deux siphons séparés
Distribution
Dreissena polymorpha
est originaire de la mer Noire et de la Caspienne. Fixée aux coques ou
transportée dans les ballasts des bateaux, elle envahit progressivement,
depuis 1770, les écosystèmes d’eau douce d’Europe et d’Amérique du Nord
(Canada: bassin inférieur des Grands lacs et du Saint-Laurent).
Biotope
Dreissena polymorpha
est trouvée la plupart du temps dans l'eau douce stagnante (lacs et
étangs) mais elle est aussi présente dans les fleuves et rivières. On la
trouve en grappes d’individus serrés sur les pierres, les chaînes, les
pilotis, les coques des bateaux, tout objet dur immergé… sur d’autres
moules… jusqu’à 50 mètres de profondeur.
Description
Dreissena polymorpha est un mollusque bivalve à la coquille couverte de zébrures d’où
son appellation de moule zébrée. Elle est de couleur vert jaunâtre avec
des lignes brunes en zigzag. Elle peut être seulement rayée de blanc ou
de beige mais cette ornementation est parfois discrète ou même absente.
Elle atteint une longueur de 30 à 40 mm. Elle dispose de deux siphons (un pour l’entrée et l’autre pour la sortie de l’eau). Comme la « moule marine », elle dispose d’une glande (le byssus)
qui sécrète des filaments qui se solidifient dans l’eau et lui
permettent de se fixer sur un substrat dur (roches, pieux, autres
bivalves...).
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Dressensia driessena
Invasivité
Considérée comme invasive dans de nombreux pays où elle a été répandue hors de son milieu d'origine, elle peut former des « récifs » très épais et compacts.
Venue de l'Europe de l'Est via les canaux, puis transportée par les navires, elle a envahi progressivement les écosystèmes d'eau douce d'Europe et d'Amérique du Nord en se fixant sur la coque des bateaux et en colonisant peu à peu de nombreux canaux, lacs et cours d'eau.
Cet organisme invasif cause d'énormes problèmes aux utilisateurs d'eau en obstruant des conduites, en bloquant des écluses ou en rehaussant les radiers.
Elle peut supplanter puis éliminer d'autres espèces moins résistantes.
Cette espèce n'est habituellement ni consommée, ni commercialisée, et elle peut accumuler des quantités importantes de toxines,
dans la chair, mais surtout dans la coquille (métaux lourds) qui lui
sert d'organe de protection contre les substances toxiques.
Le rat musqué
en consomme de grandes quantités en hiver quand les nourritures
végétales manquent. Les moules ouvertes et mangées par le rat musqué
sont reconnaissables car toujours ouvertes de la même manière.
Elle constitue un biointégrateur et un bioindicateur intéressant en termes de biosurveillance (elle bioaccumule dans sa chair et dans sa coquille un grand nombre de polluants, dont certains radioactif.
Origine du nom français
L’ornementation de sa coquille.
Origine du nom scientifique
Dreissena : probablement dédié à Dreyssens (un pharmacien bruxellois) par van Beneden qui est le créateur du genre. polymorpha
: du grec [poly] = nombreux et [morph-] = forme, donc plusieurs formes
parce qu’elle revêt des dessins et des formes variables selon les
souches.
Alimentation
Les
moules zébrées sont des filtreurs actifs. Elles aspirent l'eau, par un
siphon, filtrent la nourriture en suspension, et expulsent l'eau filtrée
par l’autre siphon. Elles se nourrissent principalement de bactéries,
d’algues bleues, de petites algues vertes, et de particules très fines
de détritus.
Reproduction - Multiplication
Les sexes sont séparés (pas d’hermaphrodisme). Elle
se reproduit de juin à octobre en fonction de la température de l’eau
(dès que l'eau atteint 12 à 15 °C). Les ovules et les spermatozoïdes
sont libérés dans l’eau en très grande quantité. Une seule femelle peut
pondre 40 000 œufs pour un cycle de reproduction, 1 millions d’œufs par
an. En 3 à 5 jours, l’œuf fertilisé devient une larve ciliée en forme de
toupie, la larve véligère*. Pendant cet état larvaire (phase
planctonique qui dure deux à quatre semaines selon la température de
l’eau), la jeune moule peut voyager, avec les courants, sur plusieurs
dizaines et même centaines de kilomètres avant de se fixer (phase de
transition pendant laquelle les larves se fixent et se métamorphosent).
La dernière phase est benthique lorsque le bivalve est fixé par un
byssus comme chez les Mytilidés ; la moule zébrée peut toutefois se
détacher et possède ainsi une certaine mobilité.
Divers biologie
En Europe, la moule zébrée peut vivre jusqu’à 5 ans et atteindre 4 centimètres. Elle
se fixe sur d’autres bivalves et finit souvent par les étouffer. Les
plongeurs fréquentant le plan d’eau de La Platte Taille (Belgique) ont
reçu comme consigne de débarrasser les anodontes des Dreissena fixées sur elles. Certaines anodontes sont en effet couvertes par plusieurs dizaines de Dreissena. Sous le poids, elles finissent par s'enfoncer dans la vase où elles périssent. Les
travaux du Docteur De Kinkemin ont montré que la moule zébrée assume un
rôle indispensable dans le cycle évolutif d’un ver parasite (Bucephalus polymorphus) qui s’enkyste dans le corps d’un poisson et y provoque des lésions presque toujours mortelles. Le sandre est l’hôte le plus réceptif. On
assiste, parallèlement à l'expansion de cette espèce, à un
accroissement de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques plongeurs se
nourrissant de la moule, chassée jusqu’à 9 mètres de profondeur (Foulques, Fuligules). Mais cela n’affecte pas le développement des moules.
Informations complémentaires
La présence de Dreissena polymorpha a, suivant les cas, des impacts positifs ou négatifs sur les activités humaines : Positif : Elle
a été introduite dans nombreux lacs et plans d’eau pour clarifier l'eau
car elle se nourrit de phytoplancton qui rend l’eau trouble ; Elle est un indicateur utile pour le suivi de la pollution par les métaux et les pesticides. Négatif : Son
introduction en Amérique du Nord est l'un des grands désastres
écologiques de notre temps. Arrivée initialement dans un ballast de
bateau (cf. note infra) vidangé dans le lac Saint Clair (Michigan), elle
s’est rapidement diffusée dans une grande partie des Grands Lacs, puis
dans de plus petits lacs intérieurs, et récemment dans le bassin
hydrologique du Mississippi. Les moules indigènes ont complètement
disparu du lac Saint Clair au Michigan. Les larves de D. polymorpha
s’accrochent aux grilles des conduites d'eau, empêchant ensuite le
passage de l'eau dans ces canalisations. D’énormes bouées des « US Coast
Guards », qui balisent les voies de navigation dans les Grands lacs,
ont coulé sous le poids des coquillages agglutinés autour des chaînes
d’ancrage et sur les bouées elles-mêmes.
EDF-DER et l’Université
de Metz ont établi un modèle mathématique permettant de calculer la
croissance de la coquille à l’aide de trois fonctions représentant : - la réduction du taux de croissance en fonction de la taille ; - l’effet de la température de l’eau ; - et la ressource trophique exprimée par la concentration en chlorophylle planctonique.
NB : depuis 1959, ils remontent le Saint-Laurent pour atteindre les métropoles industrielles installées au bord des Grands lacs.
Les limnées mangent surtout les algues microscopiques et les
bactéries qui prolifèrent sur les plantes aquatiques et en aquarium sur
les parois. Elles consomment également les algues ou les biofilms
qui se forment en surface des eaux eutrophes stagnantes. Elles
consomment des déchets organiques voire des plantes aquatiques quand
elles n'ont pas d'autres nourriture à disposition, ce qui est évité en
aquarium, en leur donnant des comprimés pour poissons phytophages ou de la salade bouillie.
Reproduction
Pour s'accoupler, les limnées se superposent et chacune féconde celle
qui est placée immédiatement en dessous d'elle. Chaque limnée pond sur
une plante ou une paroi une cinquantaine d'œufs adhésifs, visqueux,
transparents, groupés en boudins de 3 à 5 cm de long. Cette ponte peut se reproduire tous les deux jours en été.
Quelques dix jours après la ponte, les jeunes limnées brisent la
membrane qui les tient encore prisonnières. Elles se dispersent et
grandissent assez rapidement si le milieu leur est favorable. Chaque
mois leur coquille s'agrandit d'une spire jusqu'à la taille adulte qui
est de sept spires.
Respiration
Les limnées sont dotées de poumons. Elles doivent donc remonter
régulièrement à la surface pour respirer (par un tube sur le flanc, qui
s'ouvre lorsque la limnée atteint la surface).
Hôte
Comme d'autres mollusques aquatiques, la limnée abrite des parasites.
Elle véhicule notamment un des stades de développement de la grande douve, de la distomatosehépatique, des parasites du genre Trichobilharzia, apparentés aux vers plats, dont l’hôte final est le canard, mais dont les larves (cercaires) peuvent toucher les baigneurs (dermatite du baigneur : démangeaisons de la peau et infections aux points de pénétration).
En aquarium, il est pour cette raison utile de se procurer une souche d'élevage saine auprès d'éleveurs reconnus.
Liste d'espèces
D'après ITIS et l'article homologue anglais de Wikipédia :
Les limnées sont faciles à élever et sont pour cette raison parfois
utilisées par les enseignants ou comme animal de laboratoire. En général
elles préfèrent les eaux lentes, fraîches et abondamment plantées. La
petite limnée (Galba truncatula) peut être élevée comme nourriture d'appoint pour grands cichlidés (par exemple les tilapias) et les tortues aquatiques.
La limnée ovale ou commune (Radix balthica), dont l'élevage est aisé en aquarium, se rend utile en supprimant les algues collées sur les vitres.
L'accouplement n'est pas réciproque, une seule limnée assume le rôle
de mâle. Protégé par une membrane relativement solide, la capacité
d'extension et de torsion de cet escargot
atteste de son évolution. Seul point faible, la limnée ne possède pas
d'opercule pour se protéger quand elle se rétracte dans sa coquille.
Pectinatella magnifica, appelée « Pectinatelle » en français, est un bryozoaire
d'eau douce plutôt thermophile, habitant les eaux stagnantes ou à
faible courant, et formant des colonies massives, gélatineuses,
visqueuses au toucher, mais de consistance ferme. La colonie est appelée
zoarium (pluriel: zoaria).
Zoarium
La masse principale du zoarium est formée par une gelée commune,
autour de laquelle se distribuent les individus de la colonie appelés zoïdes. Chaque zoïde comprend une partie antérieure, le polypide, caractérisé par une couronne en U de 40-80 tentacules (lophophore) et une partie postérieure, le cystide,
correspondant à la paroi du corps. Les zoïdes sont regroupés en des
sortes de rosettes de 12 à 18 individus. La région entourant la bouche
du polypide contient des pigments rouges bien visibles. À l'extrémité
distale de chaque bras du lophophore et du côté anal du col du cystide,
se trouvent des taches blanches (« white spots ») caractéristiques. En
extension, le polypide mesure de l'ordre de 3 mm de la base de l'estomac
jusqu'au lophophore étendu1.
Les colonies sont fixées sur des substrats variés, des pierres, des
branches mortes ou des racines partiellement ou entièrement immergées
dans l'eau. Si elles se développent sur l'axe de la branche, elles sont
souvent fusiformes, au ventre plus ou moins élargi, alors que celles
fixées aux extrémités de la branche ont tendance à devenir globuleuses,
en forme de massue ou de boule. Sur un substrat plat, elles forment des
coussinets. En vieillissant elles peuvent se détacher du substrat et
flotter à la surface de l'eau.
Ces colonies peuvent devenir très volumineuses, atteignant la taille d'un ballon de football ou même d'un pneu d'automobile.
Alimentation
Comme tous les bryozoaires, P. magnifica est microphage. Elle filtre l'eau grâce aux tentacules du lophophore qui amènent ensuite les particules retenues vers la bouche. P. magnifica peut ainsi contribuer à l'autoépuration des eaux.
Reproduction
P. magnifica produit des statoblastes, éléments de reproduction asexuée
qui, chez cette espèce, sont de grande taille, de l'ordre d'un
millimètre, légèrement incurvés, au contour plutôt circulaire. Ces
statoblastes sont formés par une capsule renfermant du matériel
germinatif et enchâssée dans un anneau pneumatique périphérique
(flotteur) qui leur permet de flotter et de se disperser dans l'eau ; ce
sont des flottoblastes.
L'anneau est constitué de deux valves, l'une dorsale, l'autre ventrale,
réunies par la suture. L'anneau porte des épines en forme d'ancre, à
hampe aplatie pourvue de deux crochets qui servent aux flottoblastes à
s'accrocher entre eux et/ou à un support dans l'eau, mais aussi au corps
d'animaux aquatiques (poils ou plumes surtout) qui peuvent ainsi
assurer leur dissémination bien au-delà de leur milieu aquatique
d'origine. Le nombre des épines se situe entre 10 et 27.
Les statoblastes formés en été peuvent être libérés par la
désagrégation accidentelle partielle ou totale de la colonie. Au cours
de l'automne, les colonies de P. magnifica se décomposent toutes et libèrent les très nombreux statoblastes dont elles sont bourrées. Ces statoblastes passent l'hiver en quiescence et germent dès que la température de l'eau se rapproche de 18°-20°C (mai/juin en Ohio, USA)2.
Les colonies qui se développent alors libèrent des larves (juillet,
août) qui après avoir d'abord nagé librement dans l'eau, se fixent après
métamorphose pour former de nouvelles colonies (reproduction sexuée). Ces colonies, tout comme les colonies parentales, qui persistent et s'accroissent3, produisent des statoblastes qui assureront la reproduction asexuée de l'espèce.
Les très jeunes colonies de P. magnifica sont capables de se
déplacer en glissant sur le substrat; lors de ce mouvement, elles
peuvent s'étrangler pour former des colonies-filles qui se séparent
lentement4. C'est là un moyen supplémentaire de multiplication.
Impacts et options de gestion
L'incidence biocénotique la plus évidente correspond à
l'occupation d'une surface parfois importante où les autres animaux ne
peuvent plus s'implanter. Certaines colonies établies peuvent envahir
jusqu'à 50% du volume d'eau de certains étangs et posent ainsi problème
aux propriétaires de plans d'eau et les acteurs de la pêche qui
s'inquiètent de l'envahissement massif des eaux de surface par de cette
espèce très difficile à éradiquer. Cet organisme a également la capacité
de se développer dans les conduites de pompage d'eau et peut ainsi
avoir une incidence néfaste à certaines activités industrielles
(Carroget et al., 2005).
Les tentatives de lutte (récolte manuelle, mise à sec,
chaulage...) paraissent vouées à l'échec dans la mesure où toute
manipulation des masses gélatineuses entraine une dissémination des
formes de résistance. Seule une destruction des colonies avant formation
des statoblastes* pourrait éventuellement diminuer la présence de
l'espèce (Carroget et al., 2005).
Les colonies de Pectinatella magnifica
seraient un indicateur de bonne qualité des eaux. Elles ne tolèreraient
pas la pollution mais elles seraient reconnues comme aimant les milieux
eutrophes, c'est-à-dire les milieux chargés d'éléments nutritifs.
Vidéo de la "bête"
Une espèce originaire de l'Amérique du Nord
P. magnifica est une espèce invasive originaire de l'Amérique du Nord, découverte en 1851 dans les environs de Philadelphie (Pennsylvanie, USA) par Joseph Leidy (1823-1891) qui l'a décrite en septembre 1851 sous le nom inadapté de Cristatella magnifica1; reconnaissant vite son erreur, il en a fait deux mois plus tard Pectinatella magnifica5.
Pour s'installer en Europe, P. magnifica a dû traverser l'océan, probablement dans l'eau de ballast d'un navire. C'est ainsi qu'elle est arrivée dans la région de Hambourg,
sa première station européenne, où elle a été découverte par le
zoologiste allemand Karl Kraepelin (1848-1915) en automne 1883 dans la Bille, une rivière tributaire de l'Elbe6. Elle s'est ensuite étendue vers le sud-est atteignant la région de Berlin (1902), la Pologne (1905) et la Tchécoslovaquie (1928), puis la Roumanie, au début des années 1960, et enfin la Turquie où elle a été signalée en 19577.
En 1972, P. magnifica a été rencontrée pour la première fois au Japon, dans le lac Kawaguchi au nord du mont Fuji8. En 1996, P. magnifica a été trouvée en Corée du Sud9.
En France, P. magnifica a été découverte en 1995 dans l'étang de la Héronnière près de Nomexy (département des Vosges) dans la vallée de la Moselle. Cette découverte a été signalée en 199610. Auparavant, elle avait déjà été trouvée en 1994 sur le canal de la Haute-Saône, à la hauteur de Bermont (Territoire de Belfort, région Franche-Comté); cette observation non publiée à l'époque, n'a été signalée qu'en 200211. Actuellement, P. magnifica est connue de nombreuses régions de France dont la Corse (2006) et la Bretagne (2007). Elle a été observée dans l'Allier (en 2011 dans l'étang de Saint-Bonnet en forêt de Tronçais), et dans la région Midi-Pyrénées12 notamment dans le Tarn à Albi et dans son affluent l'Agout à Ambres (2012). Elle a également été observée dans l'Yonne au déversoir de l'étang de Guédelon et en Moselle dans l'étang de Haspelschiedt (2013).
En Autriche, P. magnifica a été découverte en 1999 en Basse-Autriche près de la frontière avec la République tchèque. Dans les Pays-Bas. des statoblastes de P. magnifica ont été trouvés en avril 200313 et des colonies en septembre 200514. En Suisse, la Pectinatelle a été vue pour la première fois en 201015.
Au Grand-Duché de Luxembourg, de très nombreuses colonies de P. magnifica ont été signalées en 2012 dans le lac de barrage de la Haute-Sûre dans le nord du pays16.
Des statoblastes avaient été recueillis en septembre 2001 à quelques
dizaines de mètres de la frontière germano-luxembourgeoise, du côté
allemand, à Nennig (Saarland) dans un étang situé près de la Moselle et dans un diverticule de la Moselle17
Le benthos est l'ensemble des organismes aquatiques (marins ou dulcicoles) vivant à proximité du fond des mers et océans, des lacs et cours d'eau. Par opposition, on parle de pélagos (constitué du plancton et du necton) pour désigner l'ensemble des organismes qui occupent la tranche d'eau supérieure, du fond à la surface.
L'étymologie de ce mot vient du grec ancienβένθος, benthos, signifiant « profondeur ». L'adjectif benthique
dérive de benthos et s'emploie pour préciser qu'une espèce vit dans la
zone de fond marin, soit à proximité du fond (organismes vagiles), soit
directement sur le substratum (épibenthique), soit même dans celui-là
(endobenthique).
le meiobenthos, de taille comprise entre 1 mm et 63 µm (0,065 mm) ;
le microbenthos, de taille inférieure à 63 µm.
Vie benthique et nature du substrat
Suivant la nature du substrat (sable, vase, roche compacte), le mode de vie des animaux va être :
épibenthique libre (mobile, vagile),
épibenthique fixé au substratum,
endobenthique (organisme fouisseur).
Vie benthique et profondeur
La notion de benthos est indépendante de la profondeur. La vie
benthique existe aux différentes profondeurs où se trouve le fond des océans. On peut distinguer quatre zones principales :
Le Microbenthos comprend les animaux benthiques microscopiques (d'une
taille comprise entre 0.1 mm et celle des plus petites bactéries. Ce
sont des bacteries, diatomées, ciliés, amibes, flagellées.